La retraite de russie
Il neigeait. On était vaincu
par sa conquête.
Pour la première fois l'aigle
baissait la tête sombre jours!
l'Empereur revenait lentement,
laissant derrière lui brûler moscou
fumant. Il neigeait. L'âpre hiver
fondait en avalanche.
Après la plaine blanche une autre
plaine blanche. On ne connaissait
plus les chefs ni le drapeau.
Hier la grande armée et maintenant,
troupeau.
On ne distinguait plus les ailes
ni le centre.
Il neigeait. Les blessés s'abritaient
dans le ventre des cheveaux mort;
au seuil des bivouacs désolés.
On voyait des clairons à leur poste
gelés restés debout,en selle et muets,
blanc de givre, de cuivre collant leur
bouche en pierre aux trompettes.
Boulets, mitraille, obus mélés
aux flocons blancs pleuvaient,
les grenadiers, surpris d'être tremblants
marchaient pensifs, la glace à leur
moustache grise.
Il neigeait,il neigeait toujours!
La froide bise sifflait,sur le verglas,
dans des lieux inconnus,on n'avait
pas de pain et l'on allait pieds nus
(Victor Hugo)
Capitaine rené
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