Voici les derniéres récitations des années 65/66
| Le loup et l'agneau. :0023:
La raison du plus fort est toujours le meilleure. Nous l'allons montrer tout à l'heure. Un agneau se désaltérait dans le courant d'une onde pure. Un loup survient à jeun, qui cherchait aventure, et que la faim en ces lieux attirait. Qui te rend si hardi de troubler mon beuvrage? Dit cet animal plein de rage. Tu seras chatié de ta témérité. Sire, répond l'agneau, que votre majesté ne se mette pas en colére ; Mais plutôt qu'elle considére que je me vas désaltérant dans le courant. Plus de vingt pas au-dessous d'elle; et que par conséquent, en aucune façon, je ne puis troubler sa boisson. Tu la troubles, reprit cette bête cruelle; et je sais que de moi tu médis l'an passé. Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né? Reprit l'agneau; je tette encore ma mére. Si ce n'est pas toi c'est donc ton frére. Je n'en ai point. C'est donc quelqu'un des tiens;car vous ne m'épargnez guère, vous vos bergers, et vos chiens. On me l'a dit; il faut que je me venge. La dessus, au fond des forets le loup l'emporte, et puis le mange sans autre forme de procès. Jean de la Fontaine
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| Mars.
Il tombe encore des grêlons mais on sait bien que c'est pour rire. Quand les nuages se déchirent, le ciel écume de rayons. Le vent caresse les bourgeons si longuement qu'il les fait luire. Il tombe encore des grêlon mais on sait bien que c'est pour rire. Les fauvettes et les pinsons ont tant de choses à se dire que dans les jardins en délire on oublie les premiers bourdons. Il tombe encore des grélons Maurice carême
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| En plaine prés de la mer
Jaime ce vent léger, j'aime sa tiède haleine, qui murmure à peine dans l'air; j'aime ce vent léger, c'est le vent de la plaine, plus doux près de la mer... J'aime ce vent qui laisse un odorant sillage par les prés et dans les buissons, ce vent terrien qui va de feuillage, sur des roses et des moissons. A longs flots caressants, il passe, il coule, il glisse, dans la lumiére et la chaleur; il chante avec son bruit limpide et comme lisse la bonté de la terre en fleur. Il a le frais parfum des grèbes entr'ouvertes par le soc, au matin vermeil; il sent les blés mouillés et les avoines vertes, il sent la rivière au soleil. Le vent de terre est doux comme est doux à l'aurore, sur le flanc du coteau lointain, le toit de la maison paisible qui dore au soleil rose du matin. Fernand Gregh |