Poème

Publié le par Capitaine

La mort des oiseaux

 

Tant que durent les fleurs, tant que l'épi qu'on coupe

Laisse tomber un grain sur les sillons jaunis

Tant que rude hiver n' pas gelé la coupe

Ou leurs pieds vont poser comme aux bords de leurs nids

 

Ils remplissent le ciel de musique et de joie:

La jeune fille embaume et verdit leur prison;

L'enfant passe la main sur le sur le duvet de soie

Le vieillard les nourrit au seuil de sa maison.

 

Mais dans les mois d'hiver quand la neige et le givre

On remplacé la feuille et le fruit, ou vont-ils?

Ont ils cessé d'aimer? Ont-il cessé de vivre?

Nul ne sait le secret de leurs lointains éxils.

 

On trouve au pied de l'arbre une plume souillée

Comme une feuille morte ou rampe un ver rongeur

Que la brume des nuits a jaunie et moullée

Et qui n'à plus élas! ni parfum ni couleur.

 

On voit pendre à la branche un nid rempli d'écailles

D'ont le vent pluvieux balance un noir débris;

Pauvre maison en deuil  et vieux pans de murailles

Que les petits hier réjouissaient de cris.

Lamartine

Capitaine René

 

 

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