Poésies et Récitation

Publié le par Capitaine

En attendant de nouvelles recettes voici quelques poésies

Ballade à la lune

Cétait dans la nuit brune. Sur le clocher jauni, la lune comme un point i....Lune, quel esprit sombre proméne au bout d'un fil, dans l'ombre, ta face et ton profil ?......Est-ce un ver qui te ronge quand ton disque noirci s'allonge, en croisant le rétréci ?........................
Qui t'avait éborgnée, l'autre nuit ? Tétais-tu cognée a quelque arbre pointu. Car tu vins, pâle et morne, coller sur mes carreaux ta corne a travers les barreaux.Et qu'il vente ou qu'il neige, moi-même, chaque soir, que fais-je venant ici m'asseoir...Je viens voir à la brune, sur le clocher jauni la lune comme un point sur un i..

Alfred de Musset

 

 

Ma soeur la pluie

Ma soeur la pluie, la belle et tiède pluie d'été, doucement vole, doucement fuit, a travers les airs mouillés. Tout son collier de blanches perles dans le ciel bleu s'est délié. Chantez les merles, dansez les pies! parmi les branches quelle plie, dansez les fleurs, chantez les nids; tout ce qui vient du ciel est béni.........................
De ma bouche, elle approche ses lévres humides de fraises des bois, rit, et me touche, partout à la fois, de ses milliers petits doigts. Sur des tapis de fleurs sonores, de l'aurore jusqu'au soir, et du soir jusqu'à l'aurore, elle pleut et pleut encore, autant qu'elle peut pleuvoir......Puis, vient le soleil qui essuie, de ses cheveux d'or, les pieds de la pluie.

Charle Van Lerberghe

 

 

Le héron

Unjour, sur ses longs pieds, allait, je ne sais où, le héron au long bec emmanché d'un long cou. Il côtoyait une rivière. L'onde était transparente ainsi qu'aux plus beaux jours; ma commère la carpe y faisait mille tours, avec le brochet son compère. Le héron en eût fait aisement son profit: Tous approchaient du bord; l'oiseau n'avait qu'à prendre. Mais il crut mieux faire d'attendre qu'il eût un peu plus d'appétit: Il vivait de régime et mangeait à ses heures. Après quelques moments, l'appétit vint: l'oiseau, Sapprochant du bord, vit sur l'eau des tanches qui sortaient du fond de ces demeures. Le mets ne lui plut pas; il s'attendait à mieux, et montrait un gout dédaigneux, comme le rat du bon Horace. Moi, des tanches dit-il; moi héron que je fasse une si pauvre chère, et pour qui me prend-on ? La tanche rebutée, il trouva du goujon. Du goujon, c'est bien là le diner d'un héron! J'ouvrirais pour si peu le bec: aux dieux ne plaise. Il l'ouvrit pour bien moins: tout alla de façon qu'il ne vit plus aucun poisson. La fain le prit: il fut tout heureux et tout aise de rencontrer un limaçon. Ne soyons pas si difficiles: les plus accommodants, ce sont les plus habiles; on hasarde de perdre en voulant trop gagner. Gardez-vous de rien dédaigner......

Jean de la Fontaine

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