| Le chant du printemps Le silence et les bruits, soudain, dans l'air humide. Ont ce soir un accent plus vaste et plus ardent : Sur le vent aminci Février fuit, rapide; quelqu'un revient, je sens qu'il vient, c'est le printemps. Hôte mystérieux, il est là sous la terre, il est près du branchage éploré des forets, il monte, il est risqué, il ne peut pas se taire, et son premier frisson répand tous ses secrets ! Il passe, mais personne encore sur la route ne peut le soupçonner; je regarde j'écoute. Oui, je t'ai reconnu, sublime dépouillé. Sordide vagabond sans fleurs et sans feuillages, qui rampes et répands sur les chemins mouillés cette clarté pensive et ces poignants présages. Oui, je t'ai reconnu, ton souffle est devant toi comme un tiède horizon où flotteront les graines; le silence attentif et fourmillant des bois s'emplit furtivement de ta languide haleine....... Anna de Noailles
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